Quel est l'origine du chapelet (Rosaire) ?

Publié le 5 Octobre 2013

  1. Les origines :

Tel que nous le connaissons, le Rosaire ne fut pas le fruit d'une éclosion spontanée.

L'Esprit-Saint le fit s'épanouir au long des siècles.

Dès les premiers temps de l'Eglise, Marie est unie à son Fils Jésus dans l'amour des chrétiens et la prière des fidèles.

Ignace d’Antioche (né vers 35 en Syrie, mort vers 113), disciple des disciples Pierre et Jean à qui il succédera comme évêque d’Antioche, développe déjà une première catéchèse eucharistique et mariale : Ignace est le premier de tous les Pères qui ait parlé de Marie avec des phrases simples, brèves, énergiques, riches de contenus doctrinaux. Avec lui, nous apprenons pourquoi l'Église ne doit jamais perdre de vue Marie comme vierge et comme mère.

Au IIIe siècle, on se tourne vers Marie en reprenant les paroles de l'ange Gabriel à l'Annonciation: "Je vous salue, pleine de grâce".

Dès le milieu du troisième siècle, les ermites du désert avaient coutume d'invoquer Marie tout au long du jour :

«Très sainte Mère de Dieu, ma souveraine, ayez pitié de moi, pécheur !»

Les racines historiques du Rosaire remontent aussi loin que 290 après Jésus-Christ, quand les ermites utilisaient des pierres et des bâtons afin de compter les prières.

Cette prière se disait ici et là, selon de nombreuses variantes quand on a retrouvé en 1917, près d’Alexandrie en Égypte, un papyrus qui contenait cette prière en langue grecque dont la traduction est :

«Sous ta miséricorde, nous nous réfugions, mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières dans la nécessité, mais du danger, libère-nous : toi seule chaste, toi seule bénie»

Origène (né à Alexandrie vers 185 et mort à Tyr vers 253, père de l’Eglise), appelait déjà Marie, la Mère de Dieu. Mais laissons place à ses explications très claires :

« Comme le Christ grandit peu à peu dans le ventre de Marie, il grandit ainsi dans l'âme fidèle (homélie sur le Cantique II, 6).

Ailleurs il précise :

« Toute âme vierge et incorrompue, ayant conçu du Saint-Esprit pour engendrer la Volonté du Père, est la mère du Christ. » (Fragment sur Matthieu).

Origène parle avec prédilection d'une "voie de Marie" en nous:

« Ils cherchaient Jésus, désolés à l'idée qu'il pouvait s'être éloigné d'eux (...) Ils cherchaient "dans la douleur" le Fils de Dieu. Et malgré leurs recherches, ils ne le trouvèrent pas "parmi leurs proches" : la parenté humaine ne pouvait pas retenir le Fils de Dieu ! Ils ne le trouvèrent pas "parmi leurs connaissances" : sa puissance divine dépassait la connaissance et la science des hommes ; Où donc le trouvent-ils ? "Dans le temple" (Marie, le temple où Jésus se développait, en gestation) ; c'est là en effet qu'on trouve le Fils de Dieu. Vous également, si vous cherchez un jour le Fils de Dieu, cherchez d'abord le temple. Pressez-vous d'y aller et vous y trouverez le Christ, Verbe et Sagesse, c'est-à-dire Fils de Dieu. » (Homélie sur Luc)

De même Origène présente chaque chrétien comme un autre Jean :

« Personne ne peut saisir le sens des Evangiles s'il n'a pas reposé sur la poitrine  de Jésus et s'il n'a pas reçu de Jésus Marie pour mère.

Celui qui doit devenir un autre Jean, il faut qu'il progresse jusqu'à être désigné par Jésus comme étant Jésus lui-même, à l'exemple de Jean.

Car si Marie n'a pas eu d'autre fils que Jésus, selon ceux qui pensent sainement d'elle, la parole de Jésus à sa mère : Voici ton fils - car il ne dit  pas : Vois, celui-ci aussi est ton fils - veut dire : Vois, celui-ci est Jésus que tu as engendré.

En effet on peut affirmer de tout parfait qu'il ne vit  plus, mais que le Christ vit  en lui, et, puisque le Christ vit  en lui, il est dit de lui à Marie : Voici ton fils, le Christ. »

Plus tard, LES PREMIERS MOINES D’ÉGYPTE AU 4e SIÈCLE comptent leurs prières en se servant de petits cailloux. Quelques évêques éminents parmi eux comme :

Athanase d'Alexandrie, Théophile d'Alexandrie, Cyrille d'Alexandrie, Épiphane de Salamine, Grégoire de Nazianze. Des séculiers comme Eucharistos le séculier ou le corroyeur de Saint Antoine.

Ainsi, Saint Cyrille d’Alexandrie, en 380-444 écrira :

 «Je te salue, Marie, Mère de Dieu, trésor vénéré de tout l'univers, lumière qui ne s'éteint pas, toi de qui est né le soleil de la justice, sceptre de la vérité, temple indestructible.

Je te salue, Marie, demeure de celui qu'aucun lieu ne contient, toi qui as fait pousser un épi qui ne se flétrira jamais.

Par toi les bergers ont rendu gloire à Dieu, par toi est béni, dans l'Évangile, celui qui vient au nom du Seigneur.

Par toi la Trinité est glorifiée, par toi la croix est adorée dans l'univers entier.

Par toi exultent les cieux, par toi l'humanité déchue a été relevée.

Par toi le monde entier a enfin connu la Vérité.

Par toi, sur toute la terre, se sont fondées des églises.

Par toi le Fils unique de Dieu a fait resplendir sa lumière sur ceux qui étaient dans les ténèbres, assis à l'ombre de la mort».

De même, SAINT ÉPHREM, Diacre en Syrie, docteur de l’Église 306/373. On appelait ce mystique: «la harpe du Saint-Esprit». Né à Nisibe (Nesaybin actuellement en Turquie) dans la province romaine de Mésopotamie, il fut chassé de la maison par son père, païen intolérant, pour ses «fréquentations chrétiennes». Accueilli par l'évêque du lieu dont il devint le fils spirituel selon l'historien saint Grégoire de Tours, il se convertit au christianisme à l'âge de 18 ans.

Voici ce qu’il écrit à propos de Marie :

« Venez et admirons la Vierge toute pure, merveille en elle-même, seule dans le créé.

Elle a donné naissance sans avoir connu d’homme, l’âme pure remplie par l’émerveillement.

Chaque jour son esprit s’adonnait aux louanges, car il se réjouissait de la double merveille : virginité gardée, enfant le plus aimé !

Elle, jeune colombe (Ct 6,8), elle a transporté cet aigle, l’Ancien des jours (Dn 7,9), en chantant ses louanges :

«Mon fils, toi le plus riche, tu choisis de grandir dans un nid misérable. Harpe mélodieuse, tu restes silencieux comme un petit enfant. Permets donc, s’il te plaît, que je chante pour toi...

Ta demeure, mon fils, est grande plus qu’aucune,pourtant tu as voulu que je sois ta demeure.

Le ciel est trop petit pour contenir ta gloire, moi, pourtant, la plus humble des êtres, je te porte.

Laisse Ézéchiel venir te voir sur mes genoux, qu’il reconnaisse en toi celui que sur le char portaient les chérubins (Ez 1) ; aujourd’hui je te porte.

Dans un grand tremblement, les chérubins s’écrient :

«Bénie soit la splendeur du lieu où tu résides !» (Ez3,12)

Ce lieu, il est en moi, mon sein est ta demeure ; le trône de ta grandeur est tenu dans mes bras...

Viens me voir, Isaïe, vois, et réjouissons-nous ! Voici que j’ai conçu tout en demeurant vierge (Is 7,14).

Prophète de l’Esprit, riche de tes visions, vois donc l’Emmanuel qui t’est resté caché...

Venez donc, ô vous tous qui savez discerner, vous qui, par votre voix, témoignez pour l’Esprit...

Debout, réjouissez-vous, car voici la moisson ! Regardez : dans mes bras je tiens l’épi de vie»

 

Dans le prochain article sur les origines du chapelet nous aborderons le 5ème siècle, afin de remonter petit à petit jusqu’à nos jours, guidé par l’Esprit-Saint.

 

Rédigé par Divine Volonté

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